Quelles sont les tâches des spécialistes agricoles sur le terrain ?

Quel était le nombre de cellules dans le lait livré (à la laiterie) ? Quelles machines automotrices l'exploitation utilise-t-elle ? Existe-t-il un concept d'utilisation de la chaleur pour l'installation de biogaz ? Ce sont des sujets que les spécialistes de l'agriculture sur le terrain traitent tous les jours dans le cadre de leur travail. Aujourd'hui, on souhaite vous présenter concrètement ce que représente ce travail.

Le conseil en assurance dans l'agriculture se situe à un niveau supérieur. Les spécialistes agricoles sont moins responsables des affaires courantes, mais sont  appelés à intervenir lorsqu'un savoir-faire agricole plus approfondi est nécessaire. Cela se fait souvent en étroite coordination avec les conseillers à la clientèle d'entreprises des banques populaires et des banques Raiffeisen. Par exemple, les conseillers bancaires soulignent d'abord la nécessité d'une assurance lors de la discussion sur l'approbation du prêt avec les agriculteurs, ce qui fait intervenir le spécialiste de l'assurance agricole du R V.

Il discute notamment des risques liés à la production animale et végétale avec les agriculteurs et les conseille sur un concept d'assurance optimal. Le travail est très proche de la pratique agricole, et donc à l'opposé d'un travail d'assurance supposé sec comme la poussière.

Les exigences pour les spécialistes de l'agriculture sont aussi diverses que les possibilités d'accès

Bien entendu, outre le savoir-faire technique et agricole, que de nombreux collègues du service extérieur ont acquis dans le cadre d'un diplôme en sciences agricoles ainsi que par l'expérience pratique, une solide formation en assurance technique est également importante. Le profil d'exigences est complété par la connaissance de la gamme de produits de l'entreprise ainsi que par des compétences générales telles que la communication, la négociation et l'empathie.

Étant donné que les employés débutants ne possèdent pas forcément toutes ces compétences, on propose un programme de formation spécial pour les employés débutants du service extérieur. Pour les candidats ayant une expérience professionnelle, R V propose une formation en cours d'emploi.

On a demandé aux collègues du service agricole sur le terrain, Markus Schmottlach et Peter Hecker, de Münster, ce qui rend leur travail si spécial :

Quelles qualifications, en dehors de la pratique professionnelle, devez-vous apporter avec vous ?

Il faut être en mesure de démontrer une connaissance approfondie du secteur des assurances. L'agriculteur suppose qu'un spécialiste agricole du R V peut l'assurer sur toute la ligne. Si l'agriculteur a l'impression qu’on a déjà des problèmes avec des questions simples comme l'assurance automobile ou l'assurance ménage, il n'aura aucune confiance pour discuter de sa couverture existentielle.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail ?

Les rendez-vous avec les clients ont généralement lieu dans les exploitations. Visiter les différentes fermes est toujours une affaire intéressante. Chaque exploitation est structurée différemment et chaque responsable d'exploitation a une personnalité différente. La proximité avec le client, le fait de participer au développement des exploitations, mais surtout la grande acceptation que l'on vous témoigne parce que vous pouvez vous en occuper de manière professionnelle, tout cela est très agréable.

Quel est, selon vous, le plus grand avantage de votre travail ?

On est perçus comme des "spécialistes" tant par les collègues de R V que par les conseillers bancaires. Cette appréciation rend le travail deux fois plus agréable.

Ce qui est bien dans le secteur, c'est qu’on forme une unité de personnel gérable. Cela rend la coopération entre collègues au bureau et sur le terrain très agréable. Le plus grand avantage du travail est qu’on a généralement beaucoup de liberté pour organiser une journée de travail de manière indépendante et flexible.

Types d’agriculture

Les modes de culture les mieux connus sont l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. Face à la volonté de préserver l’environnement et l’évolution des pratiques, des types d’agriculture alternative se sont mises en place : l’agriculture durable, l’agriculture raisonnée, l’agriculture intégrée, l’agriculture multifonctionnelle, l’agriculture de précision. Dernièrement, un mode de culture qui se pratique en dehors du sol est apparu : l’agriculture hors-sol ou hydroponie.

L’agriculture conventionnelle

La notion d’agriculture conventionnelle ne correspond pas à une forme d’agriculture déterminée. Toutefois, aujourd’hui dans les pays développés, elle est fréquemment employée par commodité pour recouvrir les pratiques agricoles les plus courantes et correspond aux savoir-faire classiques d’une grande majorité d’exploitants agricoles. C’est la plus pratiquée dans le monde, elle utilise beaucoup de produits chimiques plus ou moins nocifs pour prévenir des maladies et des insectes nuisibles des cultures. Non seulement, elle est nocive pour la santé des êtres vivants, mais elle entraîne la mort des sols et des sous-sols. L’utilisation de fongicides, d’insecticides, d’herbicides diminue la vie dans les sols et les appauvrisse, les sols pauvres ne fabriquant plus leur propre matière organique, l’emploi d’engrais à forte dose est nécessaire.

L’agriculture biologique

La notion d’agriculture biologique est apparue au XIXème siècle dans le monde après l’arrivée de l’agrochimie. Elle a pour objectif principal de se rapprocher des conditions de la nature. L’agriculture biologique est un ensemble de pratiques agricoles respectueuses des équilibres écologiques, du bien-être des animaux et de l’autonomie des agriculteurs. Cette agriculture a pour particularité d’exclure l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants. Elle a pour but :

– d’assurer le maintien et l’amélioration de la fertilité et de l’activité biologique des sols,

– de respecter et préserver les équilibres naturels et l’environnement (faune, flore, être humain, eau, air),

– d’établir de meilleures relations avec les consommateurs et de fournir des produits de qualités.

L’agriculture durable

L’agriculture durable dérive de l’agriculture conventionnelle, c’est une agriculture extensive qui s’inscrit dans les perspectives ouvertes par le développement durable. L’agriculture durable n’est pas un mode de production. Il n’y a pas qu’une seule façon de faire de l’agriculture durable mais se revendiquer de l’agriculture durable c’est prendre en compte simultanément les 27 principes de la déclaration de RIO qui, rapportés aux domaines agricole et rural, peuvent se regrouper en quatre dimensions :

– l’efficience économique : systèmes de production économes et autonomes, revenus décents

– l’équité sociale : partage des richesses, des droits à produire et du pouvoir de décision

– la protection de l’environnement : préserver la fertilité des sols, la biodiversité, les paysages, la qualité de l’air et de l’eau

– la culture et l’éthique : respect des générations futures, des communautés rurales et paysannes. Gestion participative de l’espace et des modes de production d’aliments de qualité

L’agriculture raisonnée ou dirigée

Cette expression est apparue après la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques n’a pas été suffisante pour régler certains problèmes techniques et économiques. On cherche à substituer à une lutte systématique contre les ravageurs des cultures, une lutte en fonction des seuils de tolérance des cultures. La fertilisation (engrais) est pratiquée au plus juste. Il s’agit de renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l’environnement, mais aussi sur les animaux et les exploitants.

L’agriculture intégrée

L’agriculture intégrée se base sur une combinaison de lutte biologique et de moyens physiques (rotation des cultures, variétés résistantes). C’est un mode de production qui privilégie les richesses naturelles, en produisant de façon économiquement viable des produits de qualité, respectueux de l’environnement et de la santé, et des mécanismes de régulation naturels par rapport au recours à des intrants potentiellement dommageables pour l’environnement. Le respect de la diversité et l’équilibre du terrain agricole sont considérés comme un écosystème. L’agriculture « raisonnée » est le premier pas vers l’agriculture « intégrée ».

L’agriculture multifonctionnelle

Le concept d’agriculture multifonctionnelle apparaît en 1992, lors du sommet de Rio au côté de celui de développement durable. Le terme multifonctionnalité est en fait un néologisme sous lequel sont regroupées les trois fonctions de l’agriculture : économique (sécurité alimentaire, autosuffisance et aspects nutritionnels et de qualité), environnementale (respect de l’environnement, production des effets externes positifs et prévention des effets externes négatifs) et sociale (maintien des sociétés rurales). Ce concept redéfinit donc la place de l’agriculture dans la société et ses finalités et sous-entend une nouvelle définition du métier d’agriculteur qui devient plus spécialisé et plus complexe.

L’agriculture de précision

L’agriculture de précision qualifie l’agriculture qui fait appel aux nouvelles technologies : SIG (Système d’information géographique), GPS, satellite, informatique. Elle utilise les nouvelles technologies pour ajuster les pratiques culturales au plus près du besoin des plantes en fonction de l’hétérogénéité au sein de chaque parcelle. C'est est un concept de conduite des parcelles agricoles en fonction de la variabilité du sol, des plantes, de la flore adventice, au sein d’une même parcelle. Il est alors possible de moduler les densités de semis, les apports d’engrais ou les traitements chimiques à l’intérieur d’une parcelle. Elle permet de limiter les impacts négatifs sur l’environnement et optimise les résultats agronomiques et économiques des productions en prenant en compte les besoins réels de chaque parcelle.

L’agriculture hors-sol ou hydroponie

L’agriculture hors-sol est une culture réalisée sur un substrat neutre et inerte (sable, billes d’argile, laine de roche). Ce substrat est régulièrement irrigué d’un courant de solution qui apporte des sels minéraux et des nutriments essentiels à la plante. Cette culture aboutit aujourd’hui à l’aéroponie ; dans ce cas, les « supports de plantes » sont en matière plastique et des vaporisations permanentes en circuit fermé au moyen d’une pompe apportent les solutions nutritives. Des pesticides ou produits sanitaires sont utilisés dans ce type de production.

Cette culture est apparue aux États-Unis pendant la deuxième guerre mondiale pour répondre aux besoins de leur armée en légumes frais. Elle a été introduite en Europe dans les années 70. En France, les surfaces cultivées en hors sol dans des serres et grands tunnels, avoisinent 1 500 ha.

Elle s’adresse principalement à certains légumes et fruits et permet plusieurs récoltes par an. L’espèce majeure est la tomate, mais on trouve aussi l’endive, la fraise, le concombre, le poivron et l’aubergine, le melon, la courgette et la framboise.

C’est une technique de plus en plus « propre » : recyclage des solutions nutritives en cours de culture, des substrats et des végétaux en fin de traitements phytosanitaires réduits et ciblés, utilisation systématique d’insectes prédateurs, maîtrise de l’eau.

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